Égalité professionnelle et emploi

 
 

Bien que les inégalités entre les femmes et les hommes diminuent, notamment au niveau de l’emploi, l’égalité réelle n’est pas encore atteinte.

 Écarts de salaires

Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes se calculent de différentes façons.

La première est d’analyser la différence entre le salaire moyen de tous les hommes et de toutes les femmes sans tenir compte du temps de travail, de l’expérience professionnelle ou du diplôme obtenu. Dans ce cas, le salaire moyen des femmes est structurellement inférieur à celui des hommes. En 2014, en France, cet écart est estimé à 24 % (il était de 27 % en 1995).

La deuxième façon de calculer les écarts de salaires en équivalent temps plein (à temps à temps de travail égal). L’écart de salaire net moyen dans le secteur privé est de 16,8% et de 12,4% dans les entreprises publiques, en 2020.

écart rémunération

L'Index de l'égalité professionnelle permet aux entreprises de mesurer les écarts de salaires entre les femmes et les hommes. Les résultats montrent qu'en 2021, 56% des entreprises ont obtenu une note supérieure à 75/100 et seulement 2% des entreprises ont obtenu une note de 100/100.

index égalité

(Source : Chiffres clés Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes -édition 2021)

Temps de travail

Il y a davantage de femmes en travail à temps partiel. En effet, en 2020, 30% des femmes actives étaient à temps partiel, contre 5% des hommes. Elles sont aussi plus en temps partiel contraint, avec 11% pour les femmes contre 2% pour les hommes.

 

temps partiel

 

Mixité des métiers

Le secteur d’activité peut renforcer les inégalités entre les femmes et les hommes. En effet, certains domaines sont plus mixtes que d’autres. Cela crée des métiers dit « genrés », où il est difficile de mettre en place une mixité.

La mixité des métiers affecte l’équilibre du marché du travail car la nature des métiers pratiqués n’est pas la même, ce qui génère des différences en termes de rémunération et d’accès à l’emploi.

Un métier est mixte lorsque la part des emplois occupés par des hommes ou des femmes représente entre 40 % et 60 % de chaque sexe. L’Insee reconnaît 87 familles professionnelles au sein desquelles se répartissent l’ensemble des métiers. Sur ces 87 familles, près de la moitié des femmes en emploi se concentrent dans seulement douze d’entre elles, en 2013.

 

Répartition des femmes dans les familles professionnelles

 

Sur les années 2010-2012, la part des femmes approche ou dépasse les 90 % dans huit métiers : trois métiers peu qualifiés de services aux particuliers (assistant·e·s maternel·le·s, aides à domiciles, employé·e·s de maison), les métiers de secrétaires et secrétaires de direction, les coiffeur·se·s ou esthéticien·ne·s, les infirmier·ère.s et les aides-soignant·e·s.

À l’opposé, les métiers non cadres du bâtiment, plusieurs métiers d’ouvriers qualifiés de l’industrie (enlèvement ou formage de métal, bois et ameublement, réparation automobile) et deux métiers de technicien·ne·s et agent·e·s de maîtrise (électricité et électronique, maintenance) comptent moins de 10 % de femmes.

Les métiers qui comptent la plus forte proportion de femmes sont des métiers du tertiaire, tandis que ceux qui en comptent le moins sont des métiers de l’industrie ou de la construction. Alors que 48 % de l’ensemble des emplois sont occupés par des femmes en 2013, cette part est de 55 % dans le tertiaire, un peu moins de 30 % dans l’industrie et l’agriculture et guère plus de 10 % dans la construction.

Selon la Dares, pour atteindre une répartition égalitaire des femmes et des hommes dans les différents métiers, il faudrait que 51,6% des femmes ou des hommes changent de métier.

La crise sanitaire a montré l'importante part des femmes dans les métiers de "première ligne" et du "care".

femmes covid

(Source : Chiffres clés Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes -édition 2017)

On remarque malgré tout une amélioration de la mixité dans les différents secteurs d’activité.

 

Répartition femmes-hommes selon les catégories socioprofessionnelles

La catégorie socioprofessionnelle est aussi une source d’inégalités. Les femmes sont majoritairement des employées (39,9% des femmes actives, contre 12,5% des hommes actifs). Seules 4,2% des femmes actives sont artisanes, commerçantes ou cheffes d’entreprise en 2020, contre 9,2% des hommes actifs.

 

mixité

 

Pour en savoir plus sur les chiffres clés concernant l’égalité réelle entre les femmes et les hommes , vous pouvez télécharger les guides nationaux.

Vous pouvez également consulter les chiffres clés de l'égalité femmes-hommes en Bretagne :

> Chiffres clés égalité femmes-hommes en Bretagne - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,64 Mb

L'entrepreneuriat féminin

En France, en 2020, 27% des entrepreneur·e·s sont des femmes. En Bretagne, elles représentent 29% des créateurs et créatrices d'entreprise.

La volonté d’atteindre l’égalité femmes/hommes, aujourd’hui grande cause du quinquennat, s’appuie en partie sur la promotion de l’entrepreneuriat féminin. L’objectif du Plan d’Actions Régional 2018-2020 pour la création d’entreprise par les femmes en Bretagne est de contribuer à accroître la part des femmes créatrices d’entreprises et porter ce taux à 40 %.

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2022, le préfet du Morbihan a sollicité l'association Entreprendre Au Féminin Bretagne afin d'organiser le premier forum "Toutes entrepreneurEs !" dédié à l'entrepreneuriat féminin dans le Morbihan. L'objectif était de promouvoir la création d'entreprises par des femmes. Plus de 300 participantes ont pu apprécier deux tables rondes, 8 ateliers, un cocktail réseau et une troupe de théâtre d'improvisation.

Plus d'informations sur le forum : https://www.morbihan.gouv.fr/Politiques-publiques/Droits-des-femmes-et-egalite-entre-les-femmes-et-les-hommes/Evenements-et-actualites/Toutes-EntrepreneurEs-Forum-de-l-entrepreneuriat-feminin-dans-le-Morbihan-Mardi-8-mars-Vannes

Dans le Morbihan, des organismes existent pour aider à la création d'entreprise (liste non exhaustive) :

Les réseaux féminins :

  • Entreprendre Au Féminin Bretagne est une association qui accompagne les femmes dans leur parcours professionnel en les aidant à développer leurs compétences entrepreneuriales
  • Femmes de Bretagne est un réseau d’entraide qui a pour mission de favoriser la création et le développement d’entreprises par les femmes. Son objectif est de créer du lien entre les femmes entrepreneures, les porteuses de projet et les bretonnes solidaires pour permettre l’entraide et le partage de compétences.
  • Bouge ta boîte est un réseau 100 % féminin permettant aux entrepreneures de partager leurs contacts et compétences pour développer leur entreprise

Les réseaux mixtes :

  • La Chambre de Commerce et d'Industrie (CCIChambres de commerce et d'industrie) accompagne les porteur·se·s de projets dans leur parcours entrepreneurial : création, reprise, développement et financement.
  • La Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) accompagne les entrepreneur·e·s de l’artisanat afin de les aider à créer, à développer et à pérenniser leur entreprise.
  • BGE est un réseau associatif à but non lucratif implanté sur tout le territoire. Ce réseau soutient la création d’entreprise à toutes les étapes : création, émergence et développement
  • La Banque Publique d’Investissement (BPI) intervient en appui à l’État et aux régions pour accompagner et financer les entreprises en création et en développement.
  • L’Association pour le Droit à l’Initiative Économique (ADIE) est une association solidaire finançant et accompagnant les créateurs et créatrices d’entreprise. L’association agit également pour déconstruire les préjugés stéréotypes autour de l’entrepreneuriat et pour lutter contre les freins.
  • La Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) est un syndicat professionnel de petites entreprises du bâtiment. Elle propose des informations, des conseils, des services et des outils de gestion aux entrepreneur·e·s dans l’artisanat et dans le bâtiment.
  • L’association Égée apporte aux porteur·se·s de projets une aide à la création et au développement des entreprises.
  • Le groupe FILEO permet aux créateurs et créatrices de tester leur projet en grandeur réelle tout en bénéficiant d’un statut de salarié·e ou d’entrepreneur·e salarié·e associé·e.
  • France Active Bretagne propose de multiples solutions de financement afin de stabiliser l’assise économique des structures, tout ceci dans l’objectif d’améliorer l’emploi de la région.
  • Initiative Pays de Lorient est un réseau associatif visant à augmenter la réussite des créations entrepreneuriales et à favoriser la pérennité des entreprises du territoire en accompagnant et en finançant celles-ci.
  • Tag 56 a pour rôle de propulser l’entrepreneuriat collectif sur le territoire du Morbihan. Ce dernier détecte les projets d’activités économiques utiles au territoire et les propulse vers des solutions entrepreneuriales locales.

Pour les personnes habitantes des Quartiers Politiques de la Ville :

  • CitésLab intervient auprès des habitant·e·s de Quartier Politique de la Ville. Ces derniers détectent, préparent et orientent les potentiel·le·s entrepreneur·e·s. Le CitésLab présent sur le territoire du Morbihan est porté par BGE.
  • Le Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) accompagne les habitantes des QPV de Vannes et Lorient vers l'entrepreneuriat grâce au dispositif « Ailes vers l’emploi ». Les objectifs sont de sécuriser le parcours des femmes vers l’emploi, de développer leur réseau et de privilégier une relation de confiance.

Pour les jeunes de moins de 30 ans :

  • Entreprendre pour apprendre encourage les jeunes à entreprendre en reliant le système éducatif et le monde de l’entreprise. Ses missions étant complémentaires à l’école, la fédération est agréée par le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.
  • L’association Les Entrep’ Bretagne développe des programmes dispensés par des professionnels pour permettre aux jeunes de moins de 30 ans de tester l’entrepreneuriat pendant plusieurs mois.
  • Le Printemps de l'Entreprise organise des événements dans le but de réunir les entreprises, les enseignants, les lycéens et les étudiants.
  • L'association 100 000 entrepreneurs diffuse la culture et l'esprit d'entreprendre auprès des jeunes via le témoignage d'entrepreneur·e·s dans les écoles.
  • Le Pôle Étudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat (Pépite) institué par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation, a pour objectif de promouvoir l’esprit d’entreprendre chez les jeunes, notamment de l’enseignement supérieur.

> Plan régional pour la création d'entreprise femmes - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,71 Mb

Ce que dit la loi

Il existe aujourd’hui des lois qui réaffirment le rôle des collectivités territoriales et des entreprises pour atteindre une égalité effective entre les femmes et les hommes. La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes indique que les entreprises et collectivités territoriales doivent mettre en place chaque année un rapport sur la situation en matière d’égalité professionnelle femmes-hommes.

Chaque entreprise de 50 salarié·e·s ou plus, et chaque Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) à fiscalité propre de plus de 20 000 habitant·e·s ont l’obligation de mettre en place ce rapport.

Ce dernier comprend un diagnostic et une analyse sur la situation respective des femmes et des hommes pour chacune des catégories socioprofessionnelles de l’entreprise ou de la collectivité territoriale, dans 9 domaines d’actions (ex : embauche, formation, promotion professionnelle, qualification, conditions de travail…). Une entreprise de 50 à 299 salarié·e·s doit prendre en compte dans son rapport au moins 3 domaines d’action (dont la rémunération), et une entreprise de plus de 300 salarié·e·s doit en rapporter au moins 4 (dont la rémunération).

Le rapport doit aussi contenir une analyse des écarts de salaires et de déroulement de carrière en fonction de l’âge, de la qualification et de l’ancienneté, ainsi qu’une évolution des taux de promotion respectifs des femmes et des hommes par métiers dans l’entreprise ou collectivité territoriale.

Le rapport relatif à l’égalité professionnelle femmes-hommes permet d’établir un diagnostic au sein de l’entreprise ou de la collectivité territoriale et d’élaborer une stratégie d’action pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Suite à une négociation auprès des représentant·e·s du personnel (qui doit être validée), l’accord doit être déposé auprès de la DIRECCTE puis les actions prévues doivent être mises en place.

Bien que les entreprises de moins de 50 salarié·e·s n’aient pas d’obligations légales en termes d’égalité professionnelle femmes-hommes, l’article L 1142-5 du Code du travail  précise qu’il incombe à tous les employeur·e·s « de prendre en compte les objectifs en matière d’égalité professionnelle » et de « prendre les mesures permettant de les atteindre ».

 Pour en savoir plus sur les obligations des entreprises en termes d’égalité : www.travail-emploi.gouv.fr

Pour en savoir plus sur l’égalité professionnelle .