Zéro violence dans le sport | Carton rouge pour les violences sexuelles et sexistes dans le sport

 
 

Les faits de violences sexuelles et sexistes dans le sport sortent de l’ombre aujourd’hui : au 1er juin 2020, 177 personnes dont 110 éducateurs, issues de 40 fédérations, ont été mises en cause dans des affaires répertoriées par la direction des sports du Ministère délégué aux sports. Dans 98 % des affaires, les victimes étaient mineures au moment des faits et 78 % de ces mêmes victimes étaient des femmes.

Le sport est le lieu du vivre ensemble et du respect d’autrui, il est donc important de ne pas fermer les yeux, ni de banaliser ou de sous-estimer les violences qui ont lieu dans le sport. C'est d'autant plus vrai pour le Morbihan qui se situe parmi les quinze premiers départements de France en terme de nombre de clubs et de sportifs licenciés.

« Des petites Abitbol, il y en a dans toutes les fédérations actuellement » affirme Véronique Lebar, présidente du comité Ethique et Sport qui accompagne les victimes en citant l’ancienne patineuse de haut niveau, Sarah Abitbol, touchée par des faits de violence et agressions sexuelles répétés. Les témoignages se multiplient et aucune fédération n’est exempte. Dans ce contexte, la Fédération française d’équitation a donné l’exemple : elle participe activement à la prévention et à l’accompagnement des victimes de violences sexuelles en impulsant la diffusion d’un numéro vert et d’un formulaire de signalement.

La direction départementale de la cohésion sociale du Morbihan (DDCS 56), convaincue par la nécessité de sensibiliser les plus jeunes à la présence de violences sexuelles et sexistes dans le milieu sportif, s’est associée au service départemental de la Jeunesse, de l'Engagement et des Sports de l’Education nationale pour mettre en œuvre l’opération « Zéro violence dans le sport » en partenariat avec le Comité départemental olympique et sportif (CDOS). Cette opération est partie prenante du schéma départemental de prévention et de lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Elle abordera les thèmes des incivilités, du sexisme et des violences sexuelles à travers des actions de sensibilisation et de formation, menées en partenariat avec le Centre d'Information des Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) et le Colosse aux pieds d'argile, association à dimension nationale.

La campagne de sensibilisation aura tout autant vocation à alerter et prévenir de l’existence de violences sexuelles et sexistes dans le sport, que de faire prendre conscience et de libérer la parole des victimes à terme, s’il y a lieu. La promotion de la culture de l’égalité est également une thématique centrale de l’opération car c’est un pré-recquis nécessaire pour lutter contre les rapports de domination, comme en témoigne « Pas pour les filles », le livre de Mélissa Plaza sorti en 2019 qui retrace le parcours et l’émancipation de l’ex- footballeuse internationale. L’organisation de temps de rencontres, d’échanges et d’actions de formation marqueront la campagne à partir du 8 mars 2021. Ces moments sont aussi bien destinés aux jeunes licenciés des clubs sportifs morbihannais qu’aux éducateurs sportifs et bénévoles de ces mêmes structures.

Enfin, l’aboutissement de cette campagne sera marqué par la signature d’un consortium départemental impliquant l’ensemble des associations et clubs sportifs du Morbihan dans cette lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Ce consortium formalisera les échanges entrepris entre les acteurs et participants durant les temps de formation et d’information prévus au sein de la campagne. Cet engagement concret des acteurs sportifs du Morbihan sera au cœur de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre prochain.