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75eme anniversaire de la libération de la poche de Lorient

 
 
75eme anniversaire de la libération de la poche de Lorient

Enjeu stratégique mondial, théâtre de la propagande de l’occupant, puis champ de ruines évacué par sa population et champ de bataille de la poche, Lorient n’est libéré que le 10 mai 1945, au moment de la capitulation générale allemande.

Grande agglomération industrielle de Bretagne, avec une importante présence de l’armée et de la marine nationale, très active dès septembre 1939, Lorient et sa rade constituent le 21 juin 1940 une prise de guerre particulièrement bien adaptée à la mise en oeuvre des sous-marins du IIIe Reich.

Les Lorientais subissent alors une expropriation généralisée, qui conduit à l’anéantissement de leur ville par les bombardements aériens systématiques des Alliés, du 14 janvier au 17 mai 1943.


Histoire de la poche de Lorient

Après le Débarquement, la Bretagne entre en juin 1944 dans une période de guerre totale marquée, dans une région de bocages, haies, bois et chemins creux, par les actions des maquis soutenus par les équipes Jedburgh et les parachutistes SAS, le combat de Saint-Marcel, puis par une impitoyable phase de répression sans aucune pitié, comme sur le front soviétique.

Après la percée d’Avranches, la priorité donnée par les Alliés à l’anéantissement du régime hitlérien en Europe et pour le gouvernement provisoire de la République française à la Libération de Paris oriente les opérations vers l’Est.

L’intégration des forteresses de Lorient et Saint-Nazaire au dispositif des armes secrètes sur lesquelles les nazis fondent leurs ultimes espoirs, entraîne la formation des poches de l’Atlantique et le maintien de l’Ouest et de l’Est du Morbihan sous domination allemande.

Le 7 août 1944, les FFI et les Américains voient leur progression bloquée par des tirs meurtriers d’artillerie et de mortiers.

Les bataillons du Morbihan (cinq de l’Organisation de Résistance de l’Armée, quatre des Francs-Tireurs et Partisans français, un de l’Armée Secrète, un de Libération-Nord et un de l’Organisation Civile et Militaire) investissent les lieux et reçoivent le renfort de cinq bataillons du Finistère, de 5 bataillons des Côtes-du-Nord, d’un corps franc du Loir-et-Cher, du 4e régiment de fusiliers marins, etc.

Le général Borgnis-Desbordes, nommé chef des Forces françaises du Morbihan, intègre ces 12000 officiers, sous-officiers et hommes du rang au sein de la 19e Division d'infanterie, division bretonne qui fait face à 26000 Allemands, avec le soutien des 94e et 66e Division d'infanterie américaines.
 
Après de durs combats en août et septembre 1944, qui dévastent Hennebont, Pont-Scorff, Caudan et Quéven, chaque camp consolide ses positions dans des conditions matérielles extrêmement difficiles au cours d’un hiver rigoureux sur le « front des oubliés ».

Le 28 octobre, les Allemands, qui cherchent à se procurer des vivres, s’emparent de Sainte-Hélène jusqu’à la rivière d’Étel. Ils gardent jusqu’au bout la maîtrise locale de la mer.

Les Alliés progressent depuis Hennebont vers les collines surplombant Lorient, prennent le 8 décembre les ouvrages de la falaise à Étel, avancent à l’est de la Laïta le 19 janvier 1945. De part et d’autre, l’artillerie fait des ravages.

Le 7 mai 1945 à 20h50, sous la menace d’une attaque décisive des Alliés, les Allemands exténués signent le cessez-le-feu à compter du 8 mai 1945 à 00h01, dans la salle du « Café breton », situé sur le port d’Étel. Le 10 mai 1945 à 16h00, deux jours après la capitulation générale du Reich, dans une prairie proche de Caudan, le général Fahrmbacher remet symboliquement son pistolet au général Kramer, commandant la 66e Division d'infanterie américaine, en présence du général Rollins, chef du secteur Lorient ouest, du général Borgnis-Desbordes et du préfet Onfroy.
24 500 soldats sont faits prisonniers.

La vie quotidienne dans la poche de Lorient

Amputée de ses prisonniers de guerre et des victimes des bombardements dès 1940, des travailleurs envoyés de force en Allemagne à partir de 1942, des réfugiés disséminés dans les campagnes du Morbihan en 1943, la population demeurée à Lorient se réduit pendant la poche à quelques milliers de personnes.

Le 10 mai 1945, il ne reste plus que 8000 civils ayant survécu sur place pour préserver leurs biens des pillages, sous les tirs d’artillerie et la faim au ventre, et qui ne peuvent exprimer leur liesse sans arrière-pensées.

Hommage aux victimes de la bataille de l’Atlantique

"La bataille de l'Atlantique a été le facteur dominant de toute la guerre. À aucun moment nous ne pouvions oublier que, partout sur terre, en mer ou dans les airs, les choses dépendaient de son issue" écrivit Winston Churchill dans ses mémoires.

Cette lutte, à laquelle se livrèrent les Alliés et les puissances de l'Axe pour le contrôle des routes maritimes entre les Amériques, l'Europe et l'Afrique, fut la plus longue campagne de la seconde guerre mondiale.

Les Alliés ont payé le prix fort pour remporter cette bataille : 5000 navires coulés et 72200 marins alliés de la marine marchande et militaire disparus dans l'océan. La quasi-totalité des navires de surface allemands fut détruite et on dénombra 783 sous-marins (U-Boote) coulés. Sur les 40000 hommes de l'U-Bootwaffe, 30000 périrent.

Nous rendons hommage aujourd’hui à toutes les victimes de la bataille de l’Atlantique.


Les derniers jours avant la libération de la poche de Lorient

6 mai - Préparatifs à Vannes de la 2ème mission de secours aux civils de la poche de Lorient

Dans la poche de Lorient fermée depuis le 9 août 1944, la disette préoccupe tous les assiégés. Certains civils souffrent aux limites de la survie (…).

Le gouvernement français saisit le Comité international de la Croix-Rouge, CICR, qui envoie d’abord un délégué pour faire l’état de la situation alimentaire et sanitaire à Lorient.

Alliés et Allemands négocient un accord signé le 24 mars 1945. Il prévoie une trêve du 3 au 5 avril pour évacuer les réfugiés volontaires, puis un ravitaillement par mer des 9000 habitants restés autour de Lorient (…). Arrivé le 14 avril à bord du « Carentan » sous pavillon de la Croix-Rouge, le délégué Dr. Kummer conduit la mission de ravitaillement du CICR qui livre « 47,5 t de farine, 70 t de pommes de terre, 9 t de sucre (…) 2800 paires de chaussures et sabots, 3000 boites d’allumettes et 8 caisses de médicaments et pansements (….). »

Reparti le 26 avril, le délégué Kummer discute avec les Américains de la poursuite de son action qu’il décrit dans son rapport n° 2 au CICR de Genève : « Lorsque je rentrais à Vannes le 6 mai, je pus constater que, pendant mon absence de cinq jours à Paris, la 2ème livraison de vivres prévue pour Lorient était arrivée à bord du « Carentan » dans le port de Vannes.

Ainsi s’achevait le travail qui avait du être exécuté par les services mandatés depuis le 26 avril. Il manquait encore le carburant pour le bateau, les rôles d’équipage n’étaient pas en règle, le matériel sanitaire pas chargé (…). » « La cargaison comprenait 25 t de farine, 5 t de sel, 50 t de pommes de terre, 4,5 t de viande en conserve, 750 kg de savon, quelques tonnes de dons charitables de la Croix-Rouge Française et de l’Entraide Française, des médicaments et des instruments. »

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Jean-Claude Catherine, Lorient 1945, Les Allemands face au choc de la capitulation, prisonniers ordinaires, criminels de guerre, P.U.R., mai 2018

Jean-Claude Catherine, Les civils dans le piège de la poche de Lorient, in Les poches de l’Atlantique, 1944-1945, sous la direction de Michel Cathala, P.U.R. septembre 2019.


7 mai - Les incertitudes du 7 mai et la reddition des forces allemandes à Etel

Le 6 mai, l’amiral Dönitz, successeur d’Hitler, informe les commandants des poches de l’Atlantique de l’échec de sa tentative faite la veille d’obtenir un cessez-le-feu avec les seuls Alliés occidentaux. Donc rien ne change dans les ordres de combat.

Aussi, le 7 mai, à l’hôpital maritime de Lorient, tous s’attendent à subir un déluge de feu :

« L’ordre fut donné de descendre en catastrophe tous les blessés dans les bunkers. Le bruit circulait que “mille” avions alliés viendraient pilonner Lorient comme ils avaient pilonné Royan, si les boches ne se rendaient pas. Dans le bunker, ça sentait l’humidité. Les lits superposés par trois étaient accrochés par des chaînes à des anneaux ancrés dans le béton du plafond. La panique prit vite le dessus dans mon coin et un blessé renversa son vase sur le lit du dessous, ça sentait mauvais. On entendait des gens prier tout haut. La peur était contagieuse et collective. Comment ne pas penser à la mort dans des moments pareils ! Heureusement, les infirmières conservaient leur sang-froid,

allant de l’un à l’autre, distribuant sourire et réconfort . » (Témoignage Maxime Le Poulichet)

La capitulation sans condition de l’Allemagne, signée le 7 mai à 2h41 à Reims, marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. À Vannes, où la nouvelle est annoncée vers 17h par la radio puis par une édition spéciale du journal La Liberté du Morbihan, le délégué du CICR Dr Kummer est en instance de départ pour la mission de secours à la poche de Lorient : « En ville, note-t-il, il règne une atmosphère très tendue, pleine d’espoir, on attend d’une heure à l’autre la capitulation allemande. À 18 heures, les journaux annoncent en gros caractères le cessez-le-feu. On accroche des drapeaux partout, les rues se remplissent d’une foule transportée de joie. » Le soir, le PCF organise un premier bal sous la halle aux grains.

Le sort de Lorient est alors réglé en deux entrevues, à 15h au Magouër, sur la rive allemande de la ria d’Etel, puis à 20h sur la rive française. Après avoir tenté de négocier en invoquant l’absence d’ordre supérieur et en demandant une trêve de 48h pour réfléchir aux conditions de reddition, le colonel allemand Borst revient pour annoncer que « le général Fahrmbacher rend la Festung Lorient sur ordre du gouvernement Dönitz » et il signe à 20h50 l’acte de reddition inconditionnelle.

À 21 h 40, les unités allemandes reçoivent ce message radio : « A Tous ! Cessez-le-feu immédiat pour l’ensemble de la zone de la poche. » « À minuit, le général [Borgnis-Desbordes] boit une coupe de champagne avec les officiers de l’état-major », au PC de la 19e DI à Vannes. Officiellement, les opérations cessent sur le front de Lorient le 8 mai à 0h01.

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Jean-Claude Catherine, « Lorient 1945 ….. », P.U.R., mai 2018


8 mai - Libération précoce de l’île de Groix

La marine française libère rapidement les îles, faisant 1 027 prisonniers à Belle Île et 570 à Groix. La situation y est simple car, dans une population réduite, les comportements de chacun, civil français ou militaire allemand, sont aisément connus ou soupçonnés du fait de l’insularité.

Sur Groix, l’annonce de la capitulation inverse les rapports entre les prisonniers français détenus au Fort Surville et leurs geôliers allemands. Le 8 mai, à la tête des 33 marins et 27 soldats libérés, qui gagnent Hennebont le lendemain, le lieutenant de vaisseau Soulez prend le commandement militaire de l’île. Ayant la confiance des résistants et des autorités locales, il place les Allemands en captivité et rétablit l’administration française. Le 10 mai, il accueille à Port-Tudy pavoisé la flottille des marins libérateurs. Après le transfert des prisonniers à Lorient, il reste sur l’île l’hôpital militaire allemand où 6 médecins et 50 infirmiers soignent 366 blessés et malades.

Jean-Claude Catherine, « Lorient 1945 ….. », P.U.R., mai 2018


9 mai - Etat de siège sur la poche de Lorient par les autorités françaises

Les choses sont plus complexes sur le continent où le général Borgnis-Desbordes transfère, le 9 mai au soir, son PC au haras d’Hennebont. L’état de siège maintenu donne pleins pouvoirs à l’autorité militaire qui modifie le dispositif des troupes. Des unités forment barrage sur la ligne de front pour bloquer toute entrée ou sortie clandestine de la poche. Les autorités craignent une ruée de gens

à la recherche de leurs biens ou voulant se livrer au pillage ou à des brutalités, ciblées ou aveugles, contre les Allemands ou des civils suspects de collaboration.

Un « Avis à la population », signé par le général Borgnis-Desbordes et le préfet, interdit « à toute personne française ou étrangère de franchir dans un sens ou dans l’autre [la limite de la poche] sans être titulaire d’une autorisation spéciale ».

Appelant ses concitoyens à « patience et discipline », le maire de Lorient, M. Svob, « compte […] beaucoup plus sur la sagesse et l’esprit de compréhension de ses concitoyens que sur les cordons de troupes de barrage ». Pour éviter des retours prématurés, tous soulignent les dangers des mines, pans de murs en ruine, manque de nourriture, eaux polluées, risque d’épidémies. Sans négliger les mesures de sécurité, les autorités militaires ont pour priorité immédiate de « filtrer les prisonniers

et les Français restés dans la poche pour des besoins plus ou moins suspects et dont l’état sanitaire sera à contrôler. Ce filtrage sera très sévère ». Plus que sanitaire, le but du filtrage est policier et politique.

Pour entrer dans la poche divisée en zones, les troupes françaises et américaines se groupent à Quimperlé, Pont-Scorff, Caudan, Landévant et Plouharnel.

Jean-Claude Catherine, « Lorient 1945 ….. », P.U.R., mai 2018.


10 mai

Reddition des forces allemandes à Caudan

Le 10 mai 1945 à 16h, deux jours après la capitulation générale du Reich, dans une prairie proche de #Caudan , le général Fahrmbacher remet symboliquement son pistolet au général Kramer, commandant la 66e Division d'infanterie américaine, en présence du général Rollins, chef du secteur Lorient ouest, du général Borgnis-Desbordes et du préfet Onfroy. 24 500 soldats sont faits prisonniers.

Entrée des troupes françaises à Larmor-Plage et à Quéven

Première personne extérieure entrée dans la poche de Lorient à bord du « Carentan » sous pavillon de la Croix-Rouge, le Dr Kummer en a réservé le récit aux instances du CICR :

« Je me rendis immédiatement à Larmor-Plage où je pris mes quartiers chez le maire. Les Allemands venaient de quitter cette ville pour se rendre. Les quelques 40 habitants, restés dans cette station balnéaire éloignée de 5 kilomètres de la ville de Lorient, s’étaient rassemblés devant l’église. Avec le curé, j’assistai à la levée du drapeau sur le clocher fortement endommagé ainsi qu’à l’impressionnante première sonnerie des cloches de l’église, restées silencieuses pendant cinq ans. Suivirent, aussitôt après, les discours du curé et du maire à la population et, en conclusion de cette fête simple et émouvante, un cortège des habitants se forma à travers les ruines du village. Soudain arrivèrent les premières troupes françaises à qui on réserva un accueil triomphal. Pour la population de Lorient ce 10 mai fut vraiment un grand jour. »

Un journaliste de La Liberté du Morbihan raconte, ce même jour, l’entrée du 118ème RI à Lorient :

« Derrière les démineurs s’avancent les sections du 3ème bataillon du 118ème en casques anglais. Notons en passant que ce casque empêcha les habitants de Lorient de reconnaître immédiatement leurs compatriotes qu’ils ne s’attendaient pas de surplus à voir arriver ainsi bons premiers après les éclaireurs des jeeps américaines.

Suit en casque français le détachement formé par le 7ème bataillon des Forces Françaises de l’Intérieur, la dernière formation combattante non assimilée par l’armée et demeurée exclusivement FFI. Ce détachement est commandé par le capitaine Henry Reglain, ci-devant architecte rue de la Comédie et conseiller municipal de Lorient. Le capitaine Reglain viendra prendre place en tête dans la traversée de Lorient aux côtés du commandant Muller et auprès du capitaine Aunier, fils de M. Aunier qui tenait l’épicerie de la rue du Port, et de l’officier de liaison, le lieutenant Le Corre (…).

Toutes ces unités progressent dans un ordre parfait. En franchissant la limite de la ligne allemande, elles passent devant le butin qui n’est pas sans impressionner les plus timides. Il y a là 15 canons, de nombreuses mitrailleuses et des caisses de munitions, obus, balles, grenades, bombes à ailettes, métamorphés (sic) en inoffensif assortiment de la mort.

Quelques Allemands sont là, sans armes ni équipement. Face à nos gars qui les regardent à peine, ils sont au  garde-à-vous et saluent. C’est l’hommage du vaincu au triomphe du Maquis.

Quelques kilomètres de promenade (depuis Pont-Scorff). Des nuages font office d’ombrelle et retiennent gentiment les averses dont ils sont gonflés. C’est le temps idéal de la piétaille alourdie de son inséparable barda.

Près d’une maison transformée en décombre, un christ de granit que la guerre n’a pas osé profaner apparait comme la sentinelle avancée de Quéven qu’un camouflage tendu au-dessus de la route dissimule. Un avion ami vient dire un petit bonjour.

Et voici ce qui reste de Quéven : des façades que l’incendie et les obus ont transformées en sinistres décors ; des murs qui ne sont plus que des amoncellements de gravats ; des toits hachés, déchiquetés et troués : Quéven un village mort, un village de France tombé au champ d’honneur.

Le seul habitant c’est le Poilu de 14-18 sculpté sur le Monument aux Morts qui, intact, atteste près de la petite église écroulée, l’élan indomptable de l’éternelle et mystérieuse survivance.

La Mairie est sortie de la bataille avec de graves blessures, mais quelques pansements suffiront pour la remettre sur pied. Sa pendule est arrêtée à midi moins dix. Comme si le destin avait observé l’heure de la fermeture des bureaux. (…).

Pour la victoire, la campagne bretonne a abondamment pavoisé. Partout d’éclatantes pièces d’or ont été suspendues par le printemps aux tiges élancées des genêts.

Nous abordons la route de Quimperlé. Une fresque populaire anime le pan de mur qui est tout ce qui reste d’un débit bien connu. Le Perroquet Vert ne sourit plus. On dirait vraiment qu’aujourd’hui il rigole. Gageons que sous son plumage de circonstance ce fut toujours un oiseau de la Résistance. (…) »

Jean-Claude Catherine, « Lorient 1945 ….. », P.U.R., mai 2018


11 mai - Rapport sur les conditions de reddition et sur la capitulation allemande à Lorient

Télégramme officiel du général commandant 19e DI à général commandant DAATL et CEMG Défense nationale (rédigé à 10 h, arrivé à 17 h 50).

« Honneur rendre compte conditions de reddition poche Lorient – Stop –

Réunion préparatoire a eu lieu au Magouër, le 7 mai à 15 heures, en présence du général Keating, chef EM de la 66ème DI US et du colonel Joppe commandant ID 19 – Stop –

Allemands ayant demandé délai 48 heures pour réfléchir conditions reddition, intervention colonel Joppe qui exige réponse pour 20 heures – Stop –

Nouvelle réunion à 20 heures à Etel – Stop –

Au nom du commandant de la Festung Lorient, colonel Borst signe la reddition – Stop –

Troupes françaises et américaines sont entrées dans la poche, la presqu’île de Quiberon, les îles de Groix et Belle-Île, ce jour 10 mai à 12 heures – Stop –

Aucun incident – Stop –

Le 10 mai, 16 heures, général Fahrmbacher, commandant la Festung Lorient, a remis son révolver au général Kramer, commandant la 66e DI US, en offrant la reddition de la Festung en présence général Borgnis-Desbordes, commandant la 19e DI, et général Rollins, commandant l’AD 66 – Stop – Cérémonie a eu lieu à Caudan en présence une compagnie française, une compagnie américaine et des emblèmes nationaux – Stop –

Les trois couleurs flottent sur Lorient libérée – Fin.

Signé : Borgnis-Desbordes. »

Les 11 et 12 mai, on procéda au déchargement des secours en vivres du CICR à Port-Louis. … Les 14 et 15 mai, on déchargea dans le port de commerce de Lorient exactement la seconde moitié de la cargaison. Mais à la différence de la mission d’avril, cette fois-ci le pain se conjugue avec la liberté et « les gens se laissaient passablement aller dans leur joie de la victoire, buvant et faisant la fête jour et nuit …. ».

 Jean-Claude Catherine, « Lorient 1945 ….. », P.U.R., mai 2018.