Historique de la Police Nationale

 
 

Alors qu’un corps ancien, la maréchaussée, a compétence sur l’ensemble du territoire, le développement des villes, au Moyen-âge, fait apparaître une délinquance spécifique, à l’origine de la création de la première institution policière, le Chevalier du guet, assisté de sergents à cheval et à pied (1254).

Bandeau

Instituée par décret présenté par Colbert à Louis XIV, la lieutenance de police constitue l’acte fondateur de la police de l’Ancien régime veillant à la sécurité de la cité (1667).

Pendant la période révolutionnaire, les pouvoirs de police sont confiés au maire avant que l’Empire n’impose un régime fort et centralisé, concrétisé par la création d’une préfecture de Police à Paris et d’un commissaire de Police, placé sous l’autorité du préfet ou du sous-préfet , dans les villes de plus de 5.000 habitants.
La Restauration (1815) revient à une décentralisation, en plaçant à nouveau les structures policières sous l’autorité municipale. Les sergents de ville, portant tricorne et épée, constituent la première force de police en uniforme au monde (1829). Le second Empire marque le début du déclin des polices municipales (celle de Lyon est étatisée dès 1851). La IIIème République place les maires sous le contrôle des préfets. Les policiers sont toujours recrutés par les municipalités mais dirigés par des commissaires de police nommés par le ministère de l’intérieur (1884).

Chevalier du guet

Chevalier du guet XV ° siècle

La fin du XIXème siècle jette les bases d’une police moderne avec la naissance de la police technique (1888, Alphonse Bertillon), l’ouverture de la première école de police au monde (Paris, 1883) et la création des brigades mobiles, dites brigades du Tigre (1907, Georges Clemenceau).
La direction générale de la Sûreté nationale (1944) est rétablie à la fin de la 2ème guerre mondiale. Elle comprend quatre grandes directions actives (la police judiciaire, la sécurité publique, les renseignements généraux et la surveillance du territoire) et des directions administratives (personnel et administration, matériel, étrangers).

La Vème République institue la Police nationale, qui rassemble les personnels de la Sûreté nationale et de la préfecture de Police de Paris (1966). Une direction générale de la Police nationale est créée au sein du ministère de l’Intérieur. A Paris, le préfet de police demeure le chef des services de police. Tous les policiers deviennent fonctionnaires et sont répartis en cinq corps : commissaires, officiers de paix, officiers de police, enquêteurs, gradés et gardiens de la paix. En 1953, à la préfecture de Police à Paris, et en 1968 pour le reste de la France, les assistants de police sont assimilés aux officiers de police adjoints et quelques postes leur sont réservés aux concours. L’ensemble des fonctions de police seront progressivement ouvertes aux femmes, entre 1970 et 1981.
A partir du dernier quart du XXème siècle, la Police nationale doit répondre à l’évolution de la société et aux nouveaux enjeux de sécurité. Elle diversifie son recrutement (policiers auxiliaires en 1986, adjoints de sécurité en 1997) et en élève le niveau.
Elle professionnalise ses personnels (amélioration de la formation, codification de la déontologie) et rationalise sa gestion en regroupant hiérarchiquement les policiers opérationnels en trois corps : conception et direction, commandement, encadrement et application, dont les fonctions sont redéfinies par le protocole du 17 juin 2004. Des structures spécialisées sont créées pour lutter contre les nouvelles formes de délinquance. La police nationale se modernise aussi en adaptant ses matériels et équipements, ses techniques et le développement des technologies de l’information et de la communication.