Le ministre de l'Agriculture clôture le congrès national des producteurs de lait - 15 mars 2018

 
 
Le ministre de l'Agriculture clôture le congrès national des producteurs de lait - 15 mars 2018

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation s'est rendu, jeudi 15 mars 2018, à la clôture du congrès de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) à Vannes, dans le Morbihan, à l’invitation de Thierry Roquefeuille, président de la fédération. Stéphane Travert a prononcé un discours dans lequel il expose les outils mis à la disposition des filières dans le projet de loi pour l'alimentation.

« Le lait, cet "or blanc", est produit sur l'ensemble du territoire. Partout il génère de la valeur, partout il créé de l'emploi, partout il s'impose comme un élément essentiel à l'équilibre des territoires. Cette activité est cruciale pour leur vitalité économique, sociale et environnementale. La filière laitière est créatrice d’'emplois : 298 000 emplois directs, 104 000 emplois indirects. Je voudrais revenir sur quelques chiffres qui me semblent édifiants : en 2000, les 120 000 producteurs de lait français vendaient 25 milliards de litres de lait qu'’ils produisaient 30 centimes le litre. 16 ans plus tard, ces producteurs de lait, devenus 2 fois moins nombreux, vendaient ce même litre de lait… seulement 2 centimes de plus. Ces 2 centimes, c'est le prix de la sueur et c'est parfois aussi le prix du désespoir.
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C'est cette spirale que le Président de la République a voulu casser dès son élection en convoquant les États généraux de l'alimentation (EGA). [...] Ce qui compte au premier chef, c'est bien la question du juste prix payé au producteur et de l'autonomie économique et sociale qui en résulte et c'est ça le sens de ce que nous avons initié avec les EGA et le projet de loi que nous allons soumettre au Parlement dans les prochaines semaines. Ce qui compte, c'est bien de savoir si l'horizon que l'on veut collectivement définir pour nos producteurs de lait, c'est 2 centimes de plus du litre en 16 ans avec plus d'aides pour compenser, ou si l'objectif c'est de défendre le juste prix de la production pour rémunérer correctement le travail, le capital et le risque.
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Votre plan de filière, « France Terre de Lait », présente de nombreux engagements. Ces engagements doivent dès maintenant être mis en oeuvre et il sera nécessaire d'approfondir certains autres engagements. Mais très clairement, une dynamique est lancée et je m'en félicite. [...]

Le projet de loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable

L'un des objectifs majeurs de la loi est le rééquilibrage des relations entre l'amont et l'aval des filières, afin que le prix juste puisse être payé aux producteurs. Cela passe par la mise en oeuvre des différents outils prévus dans la loi qui doivent fonctionner ensemble pour permettre une meilleure répartition de la valeur. [...]
Mais le projet de loi, à lui seul, ne fera pas tout. Parce qu'on peut élaborer tous les outils que l'on souhaite, ils ne seront d'aucune utilité si vous ne vous donnez pas les moyens de rééquilibrer le rapport de force, en vous regroupant. Le secteur de la production agricole est encore trop éclaté. C'est encore vrai pour le secteur laitier.
Ne nous y trompons pas : dans une économie de marché, la loi pose le cadre des relations commerciales, elle ne fixe pas les prix. Il appartient aux acteurs économiques, au premier rang desquels les producteurs, de se l'approprier et de rendre sa mise en oeuvre la plus efficace possible, sans oublier le rôle final central du consommateur.

Vous le savez, l'État sera à vos côtés pour accompagner la transformation de votre filière. Au travers du Grand Plan d'Investissement, 5 milliards d'euros seront mobilisés pour venir en appui de l'évolution des filières. [...] À grands traits, 3 milliards seront consacrés à l’amont agricole et forestier, 1,5 milliard à l’aval et 500 millions à l'innovation et à la structuration des filières.
[...]
États généraux de l'alimentation, –projet de loi, construction des prix à partir des coûts de production,– renforcement des OP, encadrement des promotions, seuil de revente à perte, – plan de filières, – montée en gamme, Grand plan d'investissement, plan Bioéconomie, plan ambition bio… Je vous le rappelle, tous ces chantiers ont été lancés en moins de 9 mois, sont cohérents et aspirent à une seule chose : « Vous permettre de vendre votre production au juste prix pour vous permettre de décider sereinement de votre avenir ».

Dans l’après-midi, le ministre de l’agriculture s’est rendu sur l’exploitation agricole de Ponthomas à Theix-Noyalo. Créé en 1959, ce GAEC est géré de manière familiale par Yannick Questel et son fils Jonathan, installé en 2016, ainsi que par les frères de Yannick. La transmission père/fils a été exemplaire sur cette exploitation.
L’exploitation s’étend sur 180 ha, possède un cheptel de 90 vaches laitières de race Prim’Holstein et 70 génisses, et vend 850 000 litres de lait par an. Fait spécifique à ce GAEC, la séparation du conseil et de l’achat des produits phytosanitaires est effective depuis 20 ans.En outre, le GAEC projette de d’intégrer une unité de méthanisation à son exploitation.

Le site du ministère de l'agriculture et de l'alimentation